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mardi 3 décembre 2013

PIERRE RABI et les COLIBRIS





Pierre  RABHI 
 (photo Philippe TINEL, en couverture du livre ci-dessous








mardi 5 novembre 2013

ERIC FOTTORINO


Journaliste, Ecrivain, romancier, il a parcouru "Le Monde" (le journal) pendant près de trente ans. Depuis la parution de son premier article en 1981 -- alors qu'il était étudiant -- jusqu'à la soirée du 11 février 2011 où dans son éditorial il dit : "Au revoir et merci" à ses collaborateurs et aux lecteurs, en quittant sa fonction de Directeur.
Eric Fottorino aura connu à ce poste depuis 2007, toutes les joies, mais aussi toutes les galères d'un journal du soir confronté aux nouvelles technologies et à la puissance du net.


Mais, qui connaît le CYCLISTE ? ... 

COURRIR  "LE MIDI LIBRE"                                     

                                                                                              Photo Eric Fougere/VIPImages                      

Certes, il n'a jamais été un "grand" champion, mais il assouvi sa passion de jeunesse en gagnant "une vingtaine d'épreuves sur route et sur piste, décrochant deux titres de champion universitaire et remportant quelques belles courses dans les côtes de Vendée, des Deux-Sèvres, et de Charente, lorsqu'il     
vivait à La Rochelle"  (1)                                                                                                                      

Qu'est-ce qui lui prend en cette année 2000, la quarantaine venant, de vouloir "faire" "Le Midi Libre" et de s'attaquer à "La Croix Neuve" de Mende ou au Mont St Clair de Séte ?  Peut-être parce que "la pratique du vélo permet de (re)partir dans la vie d'un bon pied. Tête baissée, mais tête haute, tête en l'air, tête joyeuse. Le vélo est une fête qui dure toute la vie". (1)

Cette aventure de la quarantaine il la vivra plusieurs mois avant le départ ; tout d'abord en reprenant le footing au "Jardin des Plantes", et en aménageant ses horaires au "Monde", car il est à l'époque "Rédacteur en Chef" sous la direction d' Edwy Plenel.   C'est d'ailleurs  en proposant de jouer un double rôle  --- coureur et journaliste --- courant l'étape et racontant "son" vécu" dans les colonnes du journal qu'il obtient l'adhésion de sa hiérarchie et du Directeur de la Communication qui l'aidera à obtenir les autorisations nécessaires, notamment de l' UCI (Union Cycliste Internationale). 

Après le footing, ce sera les heures de vélo sur le circuit de Vincennes, ou du côté de St Germain-en-laye, les stages avec des pros à Hyères et le retour à Neuilles-sur-mer où il retrouvera les côtes de sa jeunesse. Jour après jour Eric Fottorino nous raconte ses efforts, ses rencontres, ses souvenirs.

Il n'oublie pas non plus de parler de "son" père, ce kiné au teint mat, venu de Tunisie, qui avait séduit sa mère et leur avait donné son nom à tous les deux. Il en parlera plus longuement dans deux livres publiés chez Gallimard :
"L'Homme qui m'aimait tout bas" (2009)  et  "Questions à mon père"  (2010)

Il reviendra aussi sur son aventure de "coureur-journaliste" en publiant le récit de ses étapes du "Midi Libre" dans "Petit éloge de la bicyclette" paru chez "Gallimard" en 2007.
(1) "Je pars demain" - Stock - 2001


ALBERT JACQUARD


 Halte aux jeux 

La disparition d' Albert Jacquard provoque une avalanche de biographies,
de commentaires, de témoignages, que beaucoup d'entre nous aurons
oubliés demain.
Que restera-t-il de ses combats ?  Outre les compétences de ce généticien, de ce défenseur des plus démunis, saurons nous rappeler aux jeunes qu'il fut aussi contre la compétition --- il refusait de noter
ses élèves quand il était professeur --- et qu'il a écrit l' ouvrage
"Halte aux Jeux !" en 2005 .

L'éditeur de cet ouvrage (Livre de poche) donne en page 4 de la couverture cette note :

"Que dissimule la belle vitrine des Jeux olympiques ? On nous montre de superbes et fringants athlètes, mais on nous cache l'envers du décor : la souffrance de tous, l'échec de la plupart, l'inévitable dérive du dopage.
Il faut mettre fin à l'hypocrisie et dire ce qu'est le sport de haut niveau aujourd'hui  (ndlr : déjà en 2005) une entreprise d'exploitation de l'homme par l'homme, où la seule règle du jeu est le profit, quel qu'en soit le coût humain.
Courir plus vite, sauter plus haut, être le plus fort : il est temps de remiser cet idéal enfantin et de proposer un modèle d'olympisme enfin humaniste."

 


mardi 24 septembre 2013

Charlotte DELBO


On fête cette année le centième anniversaire de celle qui fut la secrétaire de Louis Jouvet, mais surtout cette écrivaine résistante qui écrit "Aucun de nous ne reviendra", en parlant de sa déportation au camp d'Auchwitz  Birkenau, où elle est envoyée dans un convoi de 230 femmes déportées pour faits de résistance. Elle en sortira vivante et bien décidée à écrire pour témoigner dans une prose poétique.

 

 





                        
                                                    

                Photo  Eric Schwab DR
Yves Thouvenel, comédien messin, a mis en scène des lectures de textes de Charlotte Delbo.
Parce que dit-il "au delà d'Auchwitz, elle est porteuse de vie"
photo "Alizé" (Z et J.M. Brodhag)


 Le convoi du 24 janvier  (1943)                           Collection "Grands documents" - 1966

Venues de toutes le régions de France et de tous les horizons politiques, issues de toutes les couches sociales, représentant toutes les professions, d'âges mêlés mais où dominait la jeunesse, deux cent trente femmes quittaient Compiègne pour Auchwitz, à trois jours et trois nuits dans les wagons à bestiaux vérouillés, le 24 janvier.
Sur deux cent trente, quarante-neuf reviendraient, et plus mortes que vives.
La majorité d'entre elles étaient des combattantes de la Résistance, auxquelles était mêlée la proportion habituelle de "droit commun" et d'erreurs judiciaires.
Nous disons "proportion habituelle" parce qu'il est apparu que deux cent trente individus constituaient un échantillon sociologique, de sorte que ce livre donne une image de tous les convois de déportés, montre tous les aspects de la lutte clandestine et de l'occupation, toutes les souffrances de la déportation.

Charlotte Delbo, comme Picasso (Guernica), comme Alain Resnais (Nuit et Brouillard), comme Claude Lanzmann (Shoah), a choisi de rendre compte des camps nazis par la distance particulière de l'art -- cette fois l'écriture.
Charlotte Delbo fut l'une des quarante-neuf rescapées du camp d'Auchwitz sur les deux cent trente femmes déportées "politiques" que compatit le convoi du 24 janvier 1943.
Elle est décédée le 1er mars 1985.




lundi 16 septembre 2013

Jean-Louis FOURNIER

 
Jean-Louis FOURNIER, écrivain, humoriste, est le                       Photo Bertrand GUAY  AFP
 créateur, entre autres, de "La Noiraude" et "d'Antivol", l'oiseau qui avait le vertige. Il a aussi écrit "Le CV de Dieu" et "Poète et paysan" dans lequel il raconte sa volonté de se faire paysan  par amour pour la fille de l'agriculteur.
Il fut le complice de Pierre Desproges en réalisant les épisodes de "La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède", ainsi que les captations de ses spectacles au Théâtre Grévin (1984) et au Théâtre Fontaine (1986). C'est également à lui que l'on doit l'intitulé de la dépêche AFP annonçant la décès de l'humoriste :
 "Pierre Desproges est mort d'un cancer ; Etonnant non ?"

Il vient de faire paraître, avec un humour toujours décalé, parfois grinçant, mais avec beaucoup d'amour, un livre sur sa fille qu'il regrette de ne plus voir et qui, pour lui est devenue "La servante du Seigneur"

"Ma fille était belle, elle était intelligente, ma fille était drôle...
Mais elle a rencontré Monseigneur. Il a des bottines qui brillent au soleil
et des oreilles pointues comme Belzébuth.
Il lui a fait rencontrer Jésus. Depuis ma fille n'est plus la même.
Elle veut être sainte. 
Rose comme un bonbon, bleue comme le ciel."

Page 4 de couverture. Editions Stock
Ouvrage publié sous la direction de
Véronique de Bure
"Etonnant non ?"


 Lettre à la fille de Jean-Louis Fournier

Madame,
Le "jugement des hommes" a cru opportun de vous permettre d'ajouter quelques lignes au livre que votre père vous a "consacré urbi et orbi".Vous nous dites "avoir choisi de vivre retirée du monde pour le voir de plus haut" (pas votre père, le monde...) et y trouver "La Vérité" (18,37.)
St Jean (louis) n'en revient pas.

"Douter c'est vivre ; être bercé par la certitude, c'est mourir" a dit Oscar Wilde, cité en avant page.
Ce serait vantardise de ma part de me ranger à côté d'Oscar Wilde et de Jean-Louis Fournier, mais je partage cette "maxime" et "crois" que vous êtes en train de mourir.

Rassurez-vous, j'en doute quand même un peu, ayant perçu dans vos propos un soupçon d'espérance grâce "aux vrais morceaux de fraises bio de votre jardin" et à votre affirmation de "vous souciez du prochain".

Si votre récit confirme que le plus proche de vous est votre compagnon, vous n'avez pas compris que votre prochain de père vous a écrit une lettre d'amour.
Il en avait pourtant fait de même pour sa femme ("Veuf") et pour ses enfants ("Où on va papa ?). (Prix Fémina - Stock 2008)
Vous ne devriez pas être surprise qu'il vous fasse figurer et non "défigurée" dans le même style.  
 
Faut-il qu'il ait toujours cet humour "recalé" pour "supplier la bien heureuse Vierge Marie et tous les saints" de "rebrancher le courant."
Mais vous n'avez pas choisi de rétablir le courant avec lui,  peut-être avez vous (tous deux) disjoncté ?

Il vous a cependant tendu la main en évoquant l'attention que vous portiez à vos deux frères handicapés, "...les tenant par la main. Tu étais la petite soeur, mais tu n'a jamais eu de grands frères."

Dites-vous que vous avez encore quelqu'un, un proche, à tenir par la main "avant (qu'il) s'en aille.